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Publié le 02 Novembre 2014 à 18:34

Route du Rhum : Loïck Peyron s’est entraîné aux soirées étudiantes

Ce dimanche à partir de 14h, les huit multicoques de la catégorie ultime ont pris le départ au large de Saint-Malo dans l’espoir de rejoindre la Guadeloupe une semaine plus tard. Pour sa septième participation à la Route du Rhum, Loïck Peyron révèle en exclusivité pour L’Epique les secrets de sa préparation...

Tags : Loick, Peyron, Route, Rhum, Voile, Autres

Auteur : Guillaume Blanc

A 54 ans, on peut dire que Loïck Peyron n’est pas né de la dernière pluie. Celui qui a déjà remporté à trois reprises la Transat anglaise et qui a écumé des milliers de miles nautiques sur tous les océans de la Terre entière reconnaît volontiers vouer une véritable passion pour la Route du Rhum, cette course mythique qui garde toujours au fond de la bouche une saveur particulière pour chaque skipper. « Oui, ce n’est pas facile de faire la Route du Rhum. Boire un verre cul sec en pleine mer et sans Coca, ça racle le fond de la gorge de bon matin, c’est certain », nous a confié le natif de Nantes, qui a pris pour habitude de remplacer son café matinal par trois shooters de rhum Trois Rivières histoire de reprendre les bonnes vieilles habitudes.

 

Il faut dire que la Route du Rhum est une course réservée aux bonhommes, les vrais. Ce n’est pas une traversée pour petits joueurs qui tombent après deux verres de Passoã diluée au jus de pommes. Pour preuve, comme tout alcoolique qui se respecte, Loïck Peyron a ses préférences en matière d’éthanol. Mais il est prêt à varier ses habitudes dans l’intérêt de la course. « La Route du Rhum, c’est sympa, mais je préfère quand même les bonnes liqueurs bien de chez nous comme le chouchen ou le cidre. Mais les organisateurs m’ont dit que la Route du Cidre, ça faisait course pour jeunes puceaux… », s’est forcé à admettre Loïck Peyron la mort dans l’âme.

 

En matière de course nautique, Loïck Peyron avoue avoir un attrait pour certaines compétitions, un peu comme les footballeurs ont leurs attirances pour la Premier League ou la Ligue des Champions. Inévitablement, quand on lui demande ce qu’il pense de la Transat Jacques-Vabre, le skipper de 54 ans ne peut s’empêcher de rire et rappeler qu’il est encore loin de la maison de retraite. « La Transat Jacques-Vabre, c’est bien pour les lendemains de gueule de bois et les retraités. Regardez le nom de leur course : transat, quoi ! Non, mais allô ! Et pourquoi pas déambulateur pendant qu’on y est ? », s’est marré le remplaçant de dernière minute d’Armel Le Cléac'h en ouvrant son quatrième magnum de Bacardí de la journée.

 

Pour aller loin dans la course, Loïck Peyron a conscience qu’il devrait varier les plaisirs pour éviter d’être lassé par le rhum. L’inconvénient, c’est que seul au milieu de l’océan, il n’est pas facile de trouver une autre boisson pouvant l’aider à avancer et à atteindre les sommets. « Je voulais carburer au Ricard, mais l’eau salée ne se mélange pas très bien avec l’anis », regrette le skipper fortement déçu. Il a bien essayé de diluer son pastis avec un sirop de framboise, mais il s’est rendu compte que ce serait trop compliqué à gérer pour la logistique.

 

Beaucoup se demandent si c’est encore raisonnable de faire la Route du Rhum quand on est quinquagénaire. Loïck Peyron assume pleinement son âge et assure avoir travaillé dur pour rester au niveau. Il explique s’être entraîné avec beaucoup d’assiduité dans tous les bars de Bretagne et a même profité de nombreuses soirées ERASMUS pour espérer rester au top. « Je me suis entraîné dur pour ne pas être ridicule dans cette Route du Rhum : j’ai fait la tournée des bars de la région et j’ai participé à une vingtaine de soirées étudiantes depuis mi-septembre pour être enfin prêt », raconte-t-il, tout en ayant une pensée émue pour cette douzaine de Suédoises de 21 ans avec qui il a beaucoup échangé.

 

Si une semaine en plein océan peut être rudement éprouvant pour le commun des mortels, tant sur le plan physique que psychologique, Loïck Peyron pense que la nature lui a donné des compétences incroyables et que, contrairement aux hommes de son âge, il peut encore boire énormément sans avoir le moindre problème de vessie. « Soyez-en sûr : je n’ai pas de problème de prostate, je peux faire une semaine de course sans pisser », s’est réjoui Loïck Peyron en brandissant le certificat médical qui lui dit que tout va bien, que son pipi est toujours clair.

 

Bien qu’il soit tout seul sur son multicoque Maxi Solo Banque Populaire VII, Loïck Peyron compte énormément sur ses supporters pour rallier Pointe-à-Pitre dans les plus brefs délais. Il promet d’ailleurs à tous ses fans une surprise de tout premier plan. Car si la phase aller est bien connue comme étant la Route du Rhum, il faut savoir que le retour de Guadeloupe se fait appeler la Traversée de Marie-Jeanne. « J’ai déjà hâte d’être sur le chemin du retour : je pourrai ramener de l’herbe qui fait sourire à tous ceux qui m’auront soutenu », a promis Loïck Peyron qui compte bien être le premier à Pointe-à-Pitre pour ramener des plants de tout premier choix...

 

Enfin, Loïck Peyron sait qu’il doit beaucoup à Banque Populaire qui a financé son multicoque, allant jusqu’à parler de reconnaissance éternelle à ce formidable mécène. Si l’argent est souvent un sujet tabou dans le sport, Loïck Peyron n’a aucun mal à jouer cartes sur table pour souligner la générosité de la banque qui donne envie d’agir. « Oui, Banque Populaire est un soutien financier important pour moi : grâce à eux, j’ai pu avoir un bonus de 80€ sur mon Livret A cette année », nous a assuré le Christophe Colomb du IIIe millénaire, qui nous a avoué qu’il aimerait bien revoir en cas de victoire le crédit sur sa maison...

 

Crédit photo : © L’Épique.fr | Article lu 10256 fois

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